VENTS VIVANTS

CRÉATION 2002

Interprété par : Isabelle Terracher, Pierrick Malebranche ,
Serge Ambert, Séverine Bennevault et Frédéric Lescure
Création Lumières : Nino Ramos
Bande-Son : Christophe Bollondi
Costumes : Agathe Laemmel
Coproduction : Cie L'Echappée, Centre Culturel Jean Arp de Clamart (92) et Conseil Général des Hauts-de-Seine,
Accueil-studio au Centre Chorégraphique National d’Orléans-Jozef Nadj.
ADAMI, et aide du CND.

Inspiration extérieure du côté de la Cie L’Échappée menée par F. Lescure, dont les interprètes rivalisent d’élévation en tout sens. Partagé entre ciel et terre, le travail de cette compagnie demeure avec « Vents Vivants », fidèle à son image : une compagnie pleine d’élan, toujours prête à transgresser les limites du plateau scénique. Là, des turbulences créent des traversées d’objets insaisissables et légers ; ici, le tissu aérien donne un échelon de verticalité à la danse et à l’envolée acrobatique des danseurs. Le mouvement est comme le vent dans l’espace, un souffle imprimé au corps. Il dessine et modifie la forme selon les accents et les courants qui lui sont appliqués. Démonstration par L’Echappée.
[ Emérentienne Dubourg, La Terrasse, mai 2002 ]

BONS VENTS
Malgré un CV à faire envie (lauréat 1986 du Concours International de la ville de Paris, danseur pour Chopinot, Preljocaj, Nadj, Bouvier-Obadia), Fred Lescure, devenu chorégraphe, n’est pas à la mode. Pas assez conceptualiste, trop puissant, volontiers rugueux : il a développé une danse qui coule et qui touche, proche des sensations, voire lyrique (comme l’était «Le Chant des peaux si bleues», 2000). «Vents Vivants » souffle de partout. Ventilateurs, courants d’air, plumes, envolées et sacs plastiques emportés par les tourbillons mystérieux du théâtre, tout bouge et bruisse, jusqu’à ces cinq danseurs, toujours entre deux décollages. Car, même dense et compact, Fred Lescure vole, et son ballet, à son image, ne semble pas tenir en place. Il faudra attendre une très belle scène de ruban aérien, où une danseuse-acrobate, comme une fumée de sensualité s’exhalant des corps au sol, pour que ceux-ci, enfin captés par une douche lumineuse, se figent, petit à petit. La lumière serait donc le moment où la vie se fige par ce que le souffle manque. La conclusion laisse songeur, mais séduit tant ce moment possède de puissance d’évocation.
[ Philippe Verrièle, L&A SPECTACLES N°3, Juillet 2002 ]

TOUT LE SOUFFLE DE « VENTS VIVANTS »
Hier soir, danse poétique et émouvante au Centre Chorégraphique National d'Orléans. Voici un festival qui poursuit sur une belle voie ; "Traverses" mène sur des chemins féconds. On a pu le constater, hier soir, au Centre Chorégraphique National avec le beau spectacle "Vents Vivants", à la fois poétique et évocateur. De l'atmosphère, il y en a dans cette pièce en apesanteur. C'est, en vérité, une histoire de souffle, d'air, d'espace qui nous est contée. Comme une sorte de rêve en action, où l'humain se trouve confronté aux éléments naturels, dans leur mystère. Sur scène, cinq danseurs tournoient, s'enveloppent, s'enroulent, se rencontrent et se séparent. Ils sont pris au sein d'une tempête, battus par la violence d'on ne sait quels tourbillons. Avant que les grands calmes ne les apaisent, brises légères, zéphyrs fraternels ; Ces corps sont parfois, en lutte ; d'autres fois, s'abandonnent, volent avec la vie-même. Là est tout le charme de la chorégraphie de Frédéric Lescure, à la fois fluide et rigoureuse, qui puise à diverses sources contemporaines, sans jamais tomber dans l'abstraction et le formalisme. Remarquable composition, d'un classicisme moderne, à l'écriture inventive, vivante, musicale. Une danse construite mais qui donne un sentiment de liberté. Séverine Bennevault est une danseuse de classe, dont le corps parle avec grâce, énergie, naturelle. Serge Ambert développe les mêmes qualités : expressivité et technique, précision et sensibilité. On ne saurait oublier Isabelle Terracher, émouvante liane dans la transfiguration finale, Pierrick Malebranche et Frédéric Lescure. Cinq artistes dans le vent, pour notre plaisir....
[ Thierry Guérin, La République du Centre, 11 Décembre 2002 ]

UNE CONSPIRATION DE LA CIE L'ÉCHAPPÉE
Le souffle se lève, ourle un sac plastique qui parcoure le sol puis un autre est emporté par cette même inspiration. Les danseurs se lovent dans les creux, les soupirs. De ces jeux solitaires, un chœur se forme, la même aspiration les emporte, les accule les uns aux autres. Le vent tombe. Un danseur se glisse, son souffle amplifie le silence. La danse de Frédéric Lescure est figurative, le vent semble littéralement parcourir les corps des danseurs. Puis, chacun à sa manière aspire cette force et l'extrapole selon ses propres pulsions. Une femme en bleu et deux hommes dissipent le vent dans un tango. Une danseuse monte doucement dans la lumière, suspendue à un voile blanc et s'évanouit dans les airs. Aux quatre coins de la salle, les danseurs se figent définitivement dans une fumée chaude qui expire. Frédéric Lescure, lauréat du concours international d'interprétation en danse contemporaine de la ville de Paris, devenu chorégraphe a développé une danse, notamment dans « Le Chant des peaux si bleues » (création 2000), simple et puissante issue de l'expérience de disciplines diverses (Qi Gong, chant lyrique...). Dans « Vents Vivants », les spirales aériennes de la Cie L'Echappée coulent comme une parabole dont les mouvements s'appuient sur une exploration de la respiration..
[ Camille Moulonguet, Jean-Marc Adolphe, Mouvement.net, Déc. 2002 ]